Strasbourg est aujourd’hui asphyxiée. La dorsale que constituent les lignes de tram B/C et A/D est largement saturée.
En prolongeant les lignes existantes, le trafic sur les interconnexions centrales ne peut être qu’augmenté. La ligne E va permettre de réduire les interconnexions entre le prolongement Sud de la ligne A/D et les prolongements Nord et Est de la ligne B/C. Mais le prolongement simultané de la ligne D va contrebalancer cette baisse du trafic.
En prolongeant le réseau, chaque kilomètre réalisé réduira d’autant les projets futurs en raison du coût de maintenance des lignes qui réduira les possibilités d’investissements. Car il ne faut oublier que la Communauté Urbaine de Strasbourg n’a pas les moyens d’entretenir un réseau sans cesse en phase d’expansion.
En résumé, tous les projets de tramways qui n’offrent pas la possibilité d’augmenter le nombre d’interconnexions dans le pôle urbain sont des projets non fondés. Il est aujourd’hui inconcevable de prolonger un réseau dont le nœud central est bloqué. Au de-là de toute considération sur des lignes et prolongements nécessaires, il est aujourd’hui évident que ces projets ne feront que désavantager l’avantage tramway.
Pour résoudre cette situation paradoxale, où le tramway est son propre fossoyeur, il faut aller de l’avant et oser la rupture. Cette rupture ne peut s’effectuer que par le développement de nouvelles lignes en centre-ville.
Karlsruhe a connu une situation similaire à Strasbourg, c'est-à -dire une saturation des lignes tramway en centre ville. Une première mesure a visé en la multiplication des offres de connexions, et non des destinations. Une seconde mesure a visé en la création d’un réseau supérieur au tramway en mettant en place un métro léger souterrain en zone piétonne.
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